
ALLEZ TOUS VOUS FAIRE ENCULER, BANDE DE FILS DE PUTES !
Suite au naufrage des Bleus contre le Mexique jeudi soir, le lâchage de ballons trop longtemps retenu a commencé. À l’heure où la presse écrite est en crise, la Une de L’Équipe du samedi 19 juin aura fait vendre un paquet de feuilles frêles à M. Jouhaud, rédacteur en chef du quotidien. Ce dernier, donc, a pris la décision de stigmatiser à travers sa phrase malheureuse le joueur de foot Nicolas Anelka, qui aurait dit dans les vestiaires à Raymond Domenech, à la mi-temps du match contre le Mexique : « Va te faire enculer, fils de pute », lorsque son entraîneur lui aurait reproché son rendement sur le terrain. Donc, écrit en gros entre deux guillemets cette superbe phrase choc, vulgaire à souhait, a forcément attiré l’œil de gens qui d’habitude n’ont que faire de ce journal. Résultat : impossible d’acheter un journal à la gare du Nord vers 15h; Rupture de stock ! Utilisons ces procédés, j’ai choisi ce titre, afin que mon blog soit en rupture de clics.
Je ne parlerai pas ici pas du joueur Nicolas Anelka, car ce n’est pas mon métier, je n’aurai que l’avis commun à 95 % des Français qui, au fond, ne connaissent rien au football. Savoir si Anelka a mal joué parce qu’il a été mauvais, ou parce qu’il était dans un système si rocambolesque qu’il ne pouvait de toute façon faire autrement, ou si encore son rendement fut dû a une incompatibilité avec le style de jeu de Ribéry, comme le soulignait Eric Gerets, ancien entraîneur de l’Olympique de Marseille sur le plateau du canal Football Club.
Voilà pourquoi je ne traiterai pas des articles de L’Équipe : d’un point de vue technique, ils ont sûrement raison car ils savent de quoi ils parlent. Seulement, en entendant les propos de leur rédacteur en chef Fabrice Jouhaud hier sur I-Télé, une chose a commencé à m’agacer. Il disait en gros qu’il n’était pas étonné de cette défaite, car cette équipe était constituée de « jeunes gens bêtes, et mal éduqués ». Lui, qui devait déjà avoir cette information sur les insultes d’Anelka au moment où il répondait à cette interview, visait donc ce joueur lorsqu’il parlait de mauvaise éducation et de bêtise.
Il ne parlait donc pas de toute l’équipe de France. Mais revenons sur les différentes rumeurs de clans dans l’Équipe de France (E.D.F) post compétition, relatées notamment par L’Équipe et par tout un pan du journalisme sportif du notre pays, qui faisait état d’une coalition Ribéry-Anelka pour évincer un Gourcuff, qui, en retrait, avait du mal à s’intégrer à cette équipe. En d’autres termes, que le « Blanc », issu de bonne famille, fils de prof de math devenu entraîneur de Lorient (Christian Gourcuff, son papa), ne s’intégrerait pas au reste de l’équipe, issue en majorité de quartiers populaires et étant « noire». Ses seuls copains étaient Toulalan et il s’entendrait avec le joyeux luron Valbuena (blancs eux aussi, évidemment). Pourtant, si je ne m‘abuse, Alou Diarra évolue avec Gourcuff à Bordeaux toute l’année, et ne lui adresserait plus la parole une fois arrivé en E.D.F ? Étrange. L’idée que l’on voudrait donc nous faire passer est que la scission entre deux équipes de France serait aussi une des raisons de ce fiasco. Je me demande, avec le protectionnisme mis en place par Domenech, qui a pour conséquence que cette équipe vit en autarcie quasi complète, comment les journalistes font pour avoir ce genre d’information. J’entends bien que des choses doivent filtrer, par les agents ou des joueurs accointés directement à certains journalistes. Certes, mais est-ce que le journalisme sportif est exempt des exigences du journalisme en général ? Je veux dire : une source, une information doit être vérifiée. Plus que la langue de bois, la langue de forêt pratiquée par les joueurs lors des conférences de presse ne permet pas de vérifier ce genre d’info, car ils n’ont cessé de répéter que l’ambiance était bonne. Alors comment vérifier ? Si un joueur, non content de ne pas jouer, veut faire passer une information inspirée par ses frustrations sans que son nom ne soit cité, il peut très bien appeler un journaliste et raconter ce qu’il veut. Pire encore, un agent préparant la prochaine saison de son poulain et n’ayant pas encore trouvé de club, pourrait lui aussi transformer quelque peu la réalité selon ses intérêts. Vu que l’on ne peut pas vérifier, tout est envisageable. Et puis Domenech a tant verrouillé la communication, qu’il faut bien trouver des sujets à raconter et faire mousser pour faire vendre et rentabiliser les billets d’avions et les hôtels payés pour couvrir la Coupe du monde.
L’idée donc de monter une équipe contre une autre dépasse le cadre sportif. Nous parlons ici de Blancs et de Noirs, de zones pavillonnaires et de quartiers populaires. Nous pourrions dans ce cas, imaginer des clans entre des joueurs jouant en France (Valbuena, Gourcuff, Diarra, Gignac) et des joueurs évoluant à l’étranger (Anelka, Henry, Ribéry, Gallas, Cissé). Ou bien entre, des joueurs issu des Antilles et des joueurs issus d’Afrique. Ou bien, entre ceux qui chante la Marseillaise et ceux qui ne la chantent pas. Non : le dispositif veut faire croire à un schisme footbalistique entre Gourcuff, le Blanc bien élevé et intelligent venant d’une bourgade bretonne, et Anelka, l’imbécile mal éduqué originaire de Trappes. Ce dernier, qui se serait allié a un Ribéry, converti à l’islam, marié à une Française d’origine Algérienne et donc par la même occasion devenu plus Arabe que Français et forcément de mèche avec Anelka, convertit lui aussi à une autre religion.
Et comme d’habitude, bien évidemment les politiques qui se servent du foot pour raconter leur vision des choses, à l’instar de Marine Le Pen, qui ne se reconnaît pas, comme son père 20 ans auparavant, dans une équipe « colorée », et qui reproche à certains joueurs d’arborer parfois un autre drapeau que le tricolore. À qui fait elle référence ? (Zidane peut-être, courant avec le drapeau Algérien, mais il n’est plus dans la sélection alors à qui faisait-elle référence ?…) Bref, d’autres encore comme Rama Yade et Roselyne Bachelot , qui jouent une guerre de com’ sur fond de prestations hôtelière et politique ras les pâquerettes. Rama Yade, qui par ailleurs avait soulevé la question de la possibilité pour un joueur mis en examen, en référence à l’affaire Govou/Ribery/Zahia, de continuer à jouer dans l’Équipe de France, mais ne se posait pas la même question au sujet de M. Hortefeux, à savoir s’il devait porter le maillot de l’équipe de France des Ministres après sa condamnation pour propos racistes. Et puis Daniel Cohn-Bendit, qui, il y a quelque jours, lui aussi ajoutait son venin à la polémique Anelka, en disant que ce joueur refuse de courir sur le terrain, refuse de payer ses impôts en France etc. Ou le sélectionneur de l’identité nationale, M. Éric Besson, qui se plaignait de ne voir aucun joueur issu de l’immigration maghrébine dans la sélection, pourtant proche soutien de Domenech et ami de Paul Le Guen, pour lequel il a fait une passe en profondeur pour s’occuper de l’Équipe national du Cameroun. Ah la Françafrique footballistique !!!
Donc cette France mal éduquée et bête aurait pris le contrôle. Les plus bêtes ne sont-ils pas ceux qui ont laissé un sélectionneur apparemment incompétent selon toute la junte du football français, à part le président de la fédé et quelques votants ? Déjà, lorsqu’après l’épopée 98 il avait fallu choisir entre l’ancien de l’ère Platini, le « Noir » Jean Tigana, et l’ancien de l’ère Zidane, le « Blanc » Laurent Blanc, prenant une décision par défaut politiquement correcte, le prédécesseur de Jean-Pierre Escalette, n’avait pas coupé la poire en deux mais l’avait jetée pour prendre Domenech.
Samedi soir, j’étais Invité chez Canal Plus pour regarder le match en direct sur un grand écran HD. A la mi-temps, lorsqu’aux frais de la princesse, dans la surface de réparation des amuse-gueules, les convives jouaient des coudes comme sur un corner, pour attraper un bout de saumon, je discutais avec un jeune « reubeu » qui, discrètement, avec un air complice signifiant « Tu me comprends, toi qui viens des cités comme moi », m’a dit : « Moi, j veux qu’ils perdent, je ne la soutiens pas cette Équipe de France, y pas de reubeus dedans ».
Donc les Blancs ne s’y retrouvent pas, les Arabes non plus, les Noirs sont bêtes et mal éduqués. À réfléchir comme ça, les Asiatiques de France, devraient vraiment faire la tête : après tout, eux aussi font partis des anciennes colonies françaises. En 98, on nous avait vendu la « France Black Blanc Beur », je sais c’est un lieu commun, un poncif bien éculé que de dire que ce n’était qu’une illusion. Je reprends juste cette illusion, pour faire un parallèle avec l’équipe actuelle, qui elle, est bien réelle et représentative de notre pays aujourd’hui. C’est elle qui représente le mieux la France d’aujourd’hui. Une France morose, qui n’arrive à s’entendre sur rien. Dans laquelle on peut parler en s’insultant publiquement, d’un « Casse-toi, pauv’ con ! » à un « Pas très catholique », ou « Quand y en a un, ça va, c’est quand il sont plusieurs que les problèmes arrivent » pour finir sur un « Va te faire enculer, fils de pute ». Certes, la phrase d’Anelka est d’une vulgarité extrême, mais, venant de mon milieu, c’est un terme bien banlieusardesque pour exprimer sa colère ; mais on ne demande pas à une guêpe de piquer comme un moustique. Zidane aussi, lorsqu’il fût en colère a mis un coup de boule. Le joueur Guti, en espagne à lui aussi dit « va te faire enculer à son entraineur, il n’a pas été viré pour autant. De plus, l’insulte d’Anelka a été prononcée, non pas en public, devant les caméras du monde entier, mais dans l’intimité du vestiaire. C’est un « collabo » qui a rapporté ses propos. Il ne s’est pas fait surprendre par une caméra de téléphone portable comme Hortefeux, pourtant il s’est fait virer de l’Équipe de France. C’est pourtant bien moins grave, ce n’est que du football. Nicolas Sarkozy a dit que c’était inacceptable de tenir des propos pareil… mais pas quand c’est son copain Brice.
La voilà, la France d’aujourd’hui. Celle que chacun veut voir selon son point de vue, sans oser se regarder soi-même. Chacun veut se voir dans cette France. Voici la meilleure réponse à ce débat sur l’identité nationale : la France est dissolue, elle est morcelée, non pas multiple. Ce n’est pas une France de la diversité, c’est une France de la différence. L’on pourrait croire que je partage le point de vue de Zemmour, bien loin de moi l’idée d’un regret d’une France que je ne connais pas et qui est bien vieille, mais pourtant il y a une France que j’espère et en laquelle je crois malgré tout. Pour cela, le combat des idées et des aveux va être douloureux, je ne parle pas que des aveux du passé, mais des aveux de l’avenir. Chacun va devoir se regarder, car l’ambiance « pue du cul », pour parler comme il est permis de parler. Enfin, après la lapidation médiatique annulée par la polémique Anelka, la prochaine polémique nous annonce la découverte d’un traître au sein de l’Équipe de France, c’est vraiment la merde ! La polémique amplifiera quand la taupe sera révélée. Les joueurs en soutien de leur pote ont refusé de s’entraîner aujourd’hui dimanche. C’est bizarre : je croyais qu’il y avait une équipe contre une autre ! En tout cas, ils ont fait bloc pour ce coup, Gourcuff n’a pas dit: « Je me désolidarise de cette grève et je veux m’entraîner, même tout seul, ou avec mes copains blancs Toulalan et Valbuena ». L’Équipe et d’autres journalleux se seraient trompés ? Auraient-ils brodé au sujet des coalitions ? En tout cas, quand je lis les réponses aux différents articles au sujet des remous en Équipe de France, ils me rappellent ceux écris pendant le débat sur l’identité nationale, entre « ces nègres nous font honte (oubliant que cette équipe n’est pas constitué que de noirs), ou bien (quelle honte ! Voilà ce qu’on leur donne et voilà ce qu’ils en font), ça me rappelle le climat pendant les émeutes de 2005, ne nous méprenons pas, tous ces débats sont liés et ce que je pense de l’ambiance du pays ne s’en trouve que confirmé. Et si l’abcès de notre société doit crever suite à ce fiasco en Afrique du Sud, allons-y, je suis prêt à me battre … « Et voilà encore un nègre agressif ! » (Commentaire laissé au sujet de l’attitude supposée de Patrice Evra face à Robert Duverne).
Sérigne Disiz Peter Punk