C’est la rentrée ! Chouette !

Premier « vrai » clip pour l’album Dans le ventre du crocodile. Réalisé par Anisse Rezzak et Produit par BKE, voici Jolies Planetes.


CLIP JOLIES PLANETES
envoyé par DISIZ-OFFICIAL. – Clip, interview et concert.

Merci à tous pour vos messages pendant cet été que j’ai passé à écrire mon second roman, mais ce sera pour plus tard. On continu l’aventure Peter Punkienne !

Les dates à venir, pour ceux qui n’ont pas eu la chance de voir en concert l’artiste Formidable, Fantastique, Beau, Intelligent et Magique mais surtout Humble que je suis, accompagné de ses musiciens Extraordinaires. D’autres dates viendront s’insérer, nous attendons les confirmations.

Septembre

17.09.10 Lille (59) / Aeronef Club

Octobre

08.10.10 Brétigny sur Orge (91) / Le Rack’Am
09.10.10 Outreau (62) / L’Escale
21.10.10 Poitiers (86) / Centre de la Blaiserie

Novembre

05.11.10 Avignon (84) / Passagers du Zinc
06.11.10 Arles (13) / Cargo de Nuit

ON CONTINU !!!!!!!!!!!!!!!! JE COMPTES SUR VOUS MES ACHARNES !!!!!!!!!!!

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Dans Le Ventre Du Crocodile (Dave Dowellz Classic Mix)

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TEASER CLIP JOLIES PLANETES

by disiz on 27 juin 2010

Voici le teaser du meilleur clip de tous les temps ! Un budget hors du commun ! Mieux que Thriller de MJ, mieux que toutes les vidéos de Bjork et Busta Rhymes réunis ! réalisé par Esteban et Miguel voici Mesdames et Messieurs en avant première mondiale : LE TEASER DU CLIP JOLIES PLANETES !

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Je me replonge en ce moment dans mes cours d’arts que je prenais au lycée d’arts graphiques Corvisart. C’est fantastique !

Portrait de Claude Monet par Sacha Guitry !

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ALLEZ TOUS VOUS FAIRE ENCULER, BANDE DE FILS DE PUTES !

Suite au naufrage des Bleus contre le Mexique jeudi soir, le lâchage de ballons trop longtemps retenu a commencé. À l’heure où la presse écrite est en crise, la Une de L’Équipe du samedi 19 juin aura fait vendre un paquet de feuilles frêles à M. Jouhaud, rédacteur en chef du quotidien. Ce dernier, donc, a pris la décision de stigmatiser à travers sa phrase malheureuse le joueur de foot Nicolas Anelka, qui aurait dit dans les vestiaires à Raymond Domenech, à la mi-temps du match contre le Mexique : « Va te faire enculer, fils de pute », lorsque son entraîneur lui aurait reproché son rendement sur le terrain. Donc, écrit en gros entre deux guillemets cette superbe phrase choc, vulgaire à souhait, a forcément attiré l’œil de gens qui d’habitude n’ont que faire de ce journal. Résultat : impossible d’acheter un journal à la gare du Nord vers 15h; Rupture de stock ! Utilisons ces procédés, j’ai choisi ce titre, afin que mon blog soit en rupture de clics.

Je ne parlerai pas ici pas du joueur Nicolas Anelka, car ce n’est pas mon métier, je n’aurai que l’avis commun à 95 % des Français qui, au fond, ne connaissent rien au football. Savoir si Anelka a mal joué parce qu’il a été mauvais, ou parce qu’il était dans un système si rocambolesque qu’il ne pouvait de toute façon faire autrement, ou si encore son rendement fut dû a une incompatibilité avec le style de jeu de Ribéry, comme le soulignait Eric Gerets, ancien entraîneur de l’Olympique de Marseille sur le plateau du canal Football Club.

Voilà pourquoi je ne traiterai pas des articles de L’Équipe : d’un point de vue technique, ils ont sûrement raison car ils savent de quoi ils parlent. Seulement, en entendant les propos de leur rédacteur en chef Fabrice Jouhaud hier sur I-Télé, une chose a commencé à m’agacer. Il disait en gros qu’il n’était pas étonné de cette défaite, car cette équipe était constituée de « jeunes gens bêtes, et mal éduqués ». Lui, qui devait déjà avoir cette information sur les insultes d’Anelka au moment où il répondait à cette interview, visait donc ce joueur lorsqu’il parlait de mauvaise éducation et de bêtise.

Il ne parlait donc pas de toute l’équipe de France. Mais revenons sur les différentes rumeurs de clans dans l’Équipe de France (E.D.F) post compétition, relatées notamment par L’Équipe et par tout un pan du journalisme sportif du notre pays, qui faisait état d’une coalition Ribéry-Anelka pour évincer un Gourcuff, qui, en retrait, avait du mal à s’intégrer à cette équipe. En d’autres termes, que le « Blanc », issu de bonne famille, fils de prof de math devenu entraîneur de Lorient (Christian Gourcuff, son papa), ne s’intégrerait pas au reste de l’équipe, issue en majorité de quartiers populaires et étant « noire». Ses seuls copains étaient Toulalan et il s’entendrait avec le joyeux luron Valbuena (blancs eux aussi, évidemment). Pourtant, si je ne m‘abuse, Alou Diarra évolue avec Gourcuff à Bordeaux toute l’année, et ne lui adresserait plus la parole une fois arrivé en E.D.F ? Étrange. L’idée que l’on voudrait donc nous faire passer est que la scission entre deux équipes de France serait aussi une des raisons de ce fiasco. Je me demande, avec le protectionnisme mis en place par Domenech, qui a pour conséquence que cette équipe vit en autarcie quasi complète, comment les journalistes font pour avoir ce genre d’information. J’entends bien que des choses doivent filtrer, par les agents ou des joueurs accointés directement à certains journalistes. Certes, mais est-ce que le journalisme sportif est exempt des exigences du journalisme en général ? Je veux dire : une source, une information doit être vérifiée. Plus que la langue de bois, la langue de forêt pratiquée par les joueurs lors des conférences de presse ne permet pas de vérifier ce genre d’info, car ils n’ont cessé de répéter que l’ambiance était bonne. Alors comment vérifier ? Si un joueur, non content de ne pas jouer, veut faire passer une information inspirée par ses frustrations sans que son nom ne soit cité, il peut très bien appeler un journaliste et raconter ce qu’il veut. Pire encore, un agent préparant la prochaine saison de son poulain et n’ayant pas encore trouvé de club, pourrait lui aussi transformer quelque peu la réalité selon ses intérêts. Vu que l’on ne peut pas vérifier, tout est envisageable. Et puis Domenech a tant verrouillé la communication, qu’il faut bien trouver des sujets à raconter et faire mousser pour faire vendre et rentabiliser les billets d’avions et les hôtels payés pour couvrir la Coupe du monde.

L’idée donc de monter une équipe contre une autre dépasse le cadre sportif. Nous parlons ici de Blancs et de Noirs, de zones pavillonnaires et de quartiers populaires. Nous pourrions dans ce cas, imaginer des clans entre des joueurs jouant en France (Valbuena, Gourcuff, Diarra, Gignac) et des joueurs évoluant à l’étranger (Anelka, Henry, Ribéry, Gallas, Cissé). Ou bien entre, des joueurs issu des Antilles et des joueurs issus d’Afrique. Ou bien, entre ceux qui chante la Marseillaise et ceux qui ne la chantent pas. Non : le dispositif veut faire croire à un schisme footbalistique entre Gourcuff, le Blanc bien élevé et intelligent venant d’une bourgade bretonne, et Anelka, l’imbécile mal éduqué originaire de Trappes. Ce dernier, qui se serait allié a un Ribéry, converti à l’islam, marié à une Française d’origine Algérienne et donc par la même occasion devenu plus Arabe que Français et forcément de mèche avec Anelka, convertit lui aussi à une autre religion.

Et comme d’habitude, bien évidemment les politiques qui se servent du foot pour raconter leur vision des choses, à l’instar de Marine Le Pen, qui ne se reconnaît pas, comme son père 20 ans auparavant, dans une équipe « colorée », et qui reproche à certains joueurs d’arborer parfois un autre drapeau que le tricolore. À qui fait elle référence ? (Zidane peut-être, courant avec le drapeau Algérien, mais il n’est plus dans la sélection alors à qui faisait-elle référence ?…) Bref, d’autres encore comme Rama Yade et Roselyne Bachelot , qui jouent une guerre de com’ sur fond de prestations hôtelière et politique ras les pâquerettes. Rama Yade, qui par ailleurs avait soulevé la question de la possibilité pour un joueur mis en examen, en référence à l’affaire Govou/Ribery/Zahia, de continuer à jouer dans l’Équipe de France, mais ne se posait pas la même question au sujet de M. Hortefeux, à savoir s’il devait porter le maillot de l’équipe de France des Ministres après sa condamnation pour propos racistes. Et puis Daniel Cohn-Bendit, qui, il y a quelque jours, lui aussi ajoutait son venin à la polémique Anelka, en disant que ce joueur refuse de courir sur le terrain, refuse de payer ses impôts en France etc. Ou le sélectionneur de l’identité nationale, M. Éric Besson, qui se plaignait de ne voir aucun joueur issu de l’immigration maghrébine dans la sélection, pourtant proche soutien de Domenech et ami de Paul Le Guen, pour lequel il a fait une passe en profondeur pour s’occuper de l’Équipe national du Cameroun. Ah la Françafrique footballistique !!!

Donc cette France mal éduquée et bête aurait pris le contrôle. Les plus bêtes ne sont-ils pas ceux qui ont laissé un sélectionneur apparemment incompétent selon toute la junte du football français, à part le président de la fédé et quelques votants ? Déjà, lorsqu’après l’épopée 98 il avait fallu choisir entre l’ancien de l’ère Platini, le « Noir » Jean Tigana, et l’ancien de l’ère Zidane, le « Blanc » Laurent Blanc, prenant une décision par défaut politiquement correcte, le prédécesseur de Jean-Pierre Escalette, n’avait pas coupé la poire en deux mais l’avait jetée pour prendre Domenech.

Samedi soir, j’étais Invité chez Canal Plus pour regarder le match en direct sur un grand écran HD. A la mi-temps, lorsqu’aux frais de la princesse, dans la surface de réparation des amuse-gueules, les convives jouaient des coudes comme sur un corner, pour attraper un bout de saumon, je discutais avec un jeune « reubeu » qui, discrètement, avec un air complice signifiant « Tu me comprends, toi qui viens des cités comme moi », m’a dit : « Moi, j veux qu’ils perdent, je ne la soutiens pas cette Équipe de France, y pas de reubeus dedans ».

Donc les Blancs ne s’y retrouvent pas, les Arabes non plus, les Noirs sont bêtes et mal éduqués. À réfléchir comme ça, les Asiatiques de France, devraient vraiment faire la tête : après tout, eux aussi font partis des anciennes colonies françaises. En 98, on nous avait vendu la « France Black Blanc Beur », je sais c’est un lieu commun, un poncif bien éculé que de dire que ce n’était qu’une illusion. Je reprends juste cette illusion, pour faire un parallèle avec l’équipe actuelle, qui elle, est bien réelle et représentative de notre pays aujourd’hui. C’est elle qui représente le mieux la France d’aujourd’hui. Une France morose, qui n’arrive à s’entendre sur rien. Dans laquelle on peut parler en s’insultant publiquement, d’un « Casse-toi, pauv’ con ! » à un « Pas très catholique », ou « Quand y en a un, ça va, c’est quand il sont plusieurs que les problèmes arrivent » pour finir sur un « Va te faire enculer, fils de pute ». Certes, la phrase d’Anelka est d’une vulgarité extrême, mais, venant de mon milieu, c’est un terme bien banlieusardesque pour exprimer sa colère ; mais on ne demande pas à une guêpe de piquer comme un moustique. Zidane aussi, lorsqu’il fût en colère a mis un coup de boule. Le joueur Guti, en espagne à lui aussi dit « va te faire enculer à son entraineur, il n’a pas été viré pour autant. De plus, l’insulte d’Anelka a été prononcée, non pas en public, devant les caméras du monde entier, mais dans l’intimité du vestiaire. C’est un « collabo » qui a rapporté ses propos. Il ne s’est pas fait surprendre par une caméra de téléphone portable comme Hortefeux, pourtant il s’est fait virer de l’Équipe de France. C’est pourtant bien moins grave, ce n’est que du football. Nicolas Sarkozy a dit que c’était inacceptable de tenir des propos pareil… mais pas quand c’est son copain Brice.

La voilà, la France d’aujourd’hui. Celle que chacun veut voir selon son point de vue, sans oser se regarder soi-même. Chacun veut se voir dans cette France. Voici la meilleure réponse à ce débat sur l’identité nationale : la France est dissolue, elle est morcelée, non pas multiple. Ce n’est pas une France de la diversité, c’est une France de la différence. L’on pourrait croire que je partage le point de vue de Zemmour, bien loin de moi l’idée d’un regret d’une France que je ne connais pas et qui est bien vieille, mais pourtant il y a une France que j’espère et en laquelle je crois malgré tout. Pour cela, le combat des idées et des aveux va être douloureux, je ne parle pas que des aveux du passé, mais des aveux de l’avenir. Chacun va devoir se regarder, car l’ambiance « pue du cul », pour parler comme il est permis de parler. Enfin, après la lapidation médiatique annulée par la polémique Anelka, la prochaine polémique nous annonce la découverte d’un traître au sein de l’Équipe de France, c’est vraiment la merde ! La polémique amplifiera quand la taupe sera révélée. Les joueurs en soutien de leur pote ont refusé de s’entraîner aujourd’hui dimanche. C’est bizarre : je croyais qu’il y avait une équipe contre une autre ! En tout cas, ils ont fait bloc pour ce coup, Gourcuff n’a pas dit: « Je me désolidarise de cette grève et je veux m’entraîner, même tout seul, ou avec mes copains blancs Toulalan et Valbuena ». L’Équipe et d’autres journalleux se seraient trompés ? Auraient-ils brodé au sujet des coalitions ? En tout cas, quand je lis les réponses aux différents articles au sujet des remous en Équipe de France, ils me rappellent ceux écris pendant le débat sur l’identité nationale, entre « ces nègres nous font honte (oubliant que cette équipe n’est pas constitué que de noirs), ou bien (quelle honte ! Voilà ce qu’on leur donne et voilà ce qu’ils en font), ça me rappelle le climat pendant les émeutes de 2005, ne nous méprenons pas, tous ces débats sont liés et ce que je pense de l’ambiance du pays ne s’en trouve que confirmé. Et si l’abcès de notre société doit crever suite à ce fiasco en Afrique du Sud, allons-y, je suis prêt à me battre … « Et voilà encore un nègre agressif ! » (Commentaire laissé au sujet de l’attitude supposée de Patrice Evra face à Robert Duverne).

Sérigne Disiz Peter Punk

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PETITS VEINARDS !

by disiz on 1 juin 2010

Bon pour ceux qui veulent voir ou revoir sur scène « Dans le ventre du Crocodile », nous allons jouer avec mes musiciens, le 9 juin à France Inter dans la légendaire émission Le pont Des Artistes (8 titres), pour y avoir accès je pense qu’il faut se rapprocher de la radio, sinon c’est gratuit.

http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/pontdesartistes/

Sinon, le Dimanche dans une jolie salle de concert, je jouerai 45 minutes, dans le cadre de Paris en toutes lettres à 16h et là aussi c’est gratuit !

http://www.parisentouteslettres.net/menu/programme/litteratures-en-scene/

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L’AMOUR PROPRE

by disiz on 27 mai 2010

On demande parfois aux artistes la façon dont ils réagissent aux articles et différentes critiques qui les concernent. La plupart disent qu’ils ne les lisent pas, qu’ils n’en ont que faire, que ça ne les touche pas, etc. D’autres répondent que quand elles sont bonnes, ils les acceptent et se sentent bien, enfin, quand elles sont mauvaises, la méchanceté peut parfois les rendre tristes. En écrivant cet album, loin de la France, éloigné de Paris, de son cynisme et de sa morosité, je me refusais d’imaginer ce que l’on allait dire de tel ou tel choix. Un choix prévalait sur Tout, celui de faire ce que j’avais envie, sans me soucier de telle ou telle chapelle musicale, rap, rock, etc…Comme je l’explique dans les commentaires de l’album, j’étais frustré de ne pas pouvoir lâcher prise et de m’autoriser à chanter totalement sur chaque titre, mais je me sentais libre du fait de ne plus appartenir à une famille qui m’avait été donnée. Je suis passé du vertige de me perdre à l’ivresse de l’affranchissement. Il fallait pour cela, se laisser aller et cesser de s’observer moi même. Comme dit Christopher Lasch dans La Culture Narcissisme, les gens de notre époque sont trop « Self Conscious ».

Ma démarche était le « jusqu’au-boutisme », du choix des chansons, aux photos jusqu’à la pochette. Faire ce que j’avais envie, sans me soucier de rien, aucun calcul, aucune justification, ni explication. Puis vînt le moment fatidique d’envoyer l’album aux médias dans un premier temps, de le sortir sur le net dans un second. Je dois avouer que ma plus grande crainte, et je pense que c’est ce qui, au fond, rend ceux qui créent le plus triste: passer inaperçu. Deux mois avant la sortie de l’album, les premiers retours furent timides. Beaucoup ont mis du temps à donner un avis. Pour certains ils furent tranchants: « J’aime pas, ça ne me parle pas ! ». D’autres étaient dubitatifs. Quelques uns étaient emballés. Jour après jour, les retours d’écoutes tombaient peu à peu. Le Mouv fut le premier à jouer le jeu en radio, d’autres trouvaient que c’était « trop connoté Hip-Hop », enfin que mon nom était trop associé à une obédience rap. Lorsque le chef de projet de Naïve me rapporta ces propos d’un directeur d’antenne, en rentrant chez moi, toutes proportions gardées, je me disais qu’ici, avoir un passif rap serait comme avoir un casier judiciaire musical : j’étais comme un ancien détenu qui cherche du boulot. Ça me rappelait ce sentiment que j’ai eu dans mon adolescence, lorsque vers 16 ans, j’essayai un soir de rentrer au Palace, une boîte Parisienne à la mode, où les filles étaient belles et les gens « branchés ». Le grand frère d’un ami y allait souvent, je lui avais demandé des conseils sur la tenue vestimentaire, ce qu’il fallait dire ou ne pas dire au physionomiste, que répondre à la question « Vous êtes un habitué ? » Bref. J’avais su trouver un peu de sous pour m’acheter une belle petite chemise et de jolis souliers, comme dirait Dave Dowell. Arrivé devant le physionomiste ce soir-là, mes efforts furent vains, lorsque après une demi-heure de queue sous la pluie, on autorisait le grand frère de mon pote à entrer et qu’on me disait de rester sur le côté. Etait-ce du à ma tête rasée,  ou à mes yeux « d’étranger » à ce milieu, qui observaient tout autour de soi ? Je me jurais en errant dans les rues de Paris ce soir-là, qu’on ne m’y reprendrait plus jamais, et je tins parole. « Pas déguiser pour rentrer en boîte » a dit Booba. Cette fameuse phrase de directeur d’antenne donc: « trop connoté Hip-Hop », me renvoya aujourd’hui avec sourire à cette anecdote.

Puis ce fût le tour de la sortie Web du premier titre « Dans le ventre du crocodile ». C’est comme en cuisine, vous laissez mariner quelques heures puis vous allez voir les commentaires sur les forums, chose que je ne fais jamais, mais pour ce « nouveau » disque, il fallait que j’y aille. En référence à mon name dropping (Hendrix et Cobain) un mec laissa ce commentaire délicieux:  » C TA MERE LE CROCODILE DIZIZ ET LES CHLAG DE KURT ET HENDRIX IL ON TARO TA MAMAN » Mon Dieu maman, si tu savais les projets que certains ont pour toi. Un autre écrivait: « MAIS PKOI TU T’BLANCHI DISIZ ? CA SERT A RIEN TU VENDRA PAS 2 DISK ».  D’autres étaient déçus, certains dubitatifs enfin bien heureusement il y avait des curieux. Maintenant je pensais aux futures critiques et je savais que ça allait être dur, mais le challenge me plaisait.

Puis vinrent les premières interviews. Olivier Cachin fut le premier. 2h d’une discution très intéressante avec le mec qui présentait l’émission Rap Line sur M6 qui, 16 ans auparavant, allait me donnait l’envie de rapper. Jour après jour, l’intérêt pour le disque s’amplifiait et les demandes arrivèrent peu à peu. À chaque fois une question revenait: « N’as-tu pas peur de la critique  et de perdre un public  ? » Je répondais à chaque fois la même chose. (Vous chercherez et vous trouverez; ceux qui ne savent pas qu’elle est ma réponse)

Les premières dates de tournée arrivèrent (voir post précédent Agréablement Etrange), la sortie de l’album fut décalée. Mais les demandes d’itw continuaient. J’attendais maintenant l’heure des chroniques du disque. Je demandais parfois au service promo de Naïve si les journalistes aimaient bien, certains en particulier, on me répondait qu’un directeur en chef n’aimait pas du tout, mince alors…

Une semaine avant la date de concert à la Coopérative de Clermont-Ferrand, je partais une journée sur les lieux pour faire de la promo. Arrivé tôt le matin, le patron de la salle, Didier Veillault dont je vous parlerais plus tard,  m’accueillait en disant après les smamalecs usuels : » T’as vu, t’as un beau papier dans Rock&folk ! » Ça y est, l’heure des premières chroniques avait sonné. En attendant dans la loge de la Coopé, voici ce que je lisais.

Putain ! Entre l’accueil chaleureux de la Coopé et cette chronique, la journée commençait bien.

Une semaine après, donc je repartais à Clermont-Ferrand pour un concert. De bonnes sensations pendant le set, après 5 ou 6 dates, la mayonnaise avec les musiciens commençait à prendre. En sortant de scène, Didier Veillault venait me voir chaleureusement me faire part de ses impressions sur le concert. Pour vous situer le bonhomme, il doit avoir  une vingtaine d’années de métier, s’est occupé du Plan à Ris-Orangis durant de longues années et a fondé  la Coopérative de Clermont il y a quelques années, un superbe complexe musical. Il me disait combien il avait apprécié le concert, et qu’il avait envoyé un mail à mon tourneur. J’étais sincèrement touché, tant ces mots étaient encourageants et venant du type, ça me faisait vraiment plaisir. Puis le lendemain, on me transférait le mail qu’il avait écrit dont il me parlait dans les loges. En rentrant chez moi, voici ce que je lisais:

« Bonjour
Disiz chez Astérios cela indiquait qu’il fallait être attentif.
La Coopérative de Mai fait donc une date sans album, la veille d’un 1er
mai… avec un artiste qui fait un virage à 360° !
Inévitablement nous étions hier soir -les meilleurs d’entre-nous- une
poignée mais l’essentiel n’est pas là.
Cela fait longtemps que je n’ai pas pris une telle claque !
Une gueule, un artiste bourré de talent,   un show plein de fraîcheur et
d’intelligence,  mélange séduisant de sa culture hip-hop digérée mais
pas oubliée avec du rock à donf’, un son à tomber par terre
Des mecs avec lui sur scène concernés et bien dans l’histoire
Et aussi…des bonnes chansons !
Tout tout était bon comme le cochon (!) hier soir un show énorme (déjà
fini…)
Si vous avez du mal à convaincre mes collègues de salles dites leur de
me téléphoner
Oui ils peuvent demander Veillault mais dire aussi que ce n’est pas une
tocade du vieux, c’est toute la Coopérative de Mai qui a été enchantée
hier soir par Disiz -unanimité c’est rare.
Alors n’hésitez pas si vous avez au tél des sourds je (on) vais(va) le
leur dire en direct
Ben oui
A bientôt
 »

D.Veillauld

Si vous saviez à quel point je fus fier de lire ce mail, qui en plus, ce qui valide sa franchise, ne m’était pas du tout destiné. Didier Veillault donc, aura été l’un des premiers à non seulement y croire mais à m’encourager.

Quelques semaines après, on me disait que la matinale de Canal Plus voulait parler du disque. Ravi, je regarde cette émission chaque matin en préparant mes enfants pour l’école. Deux jours après avoir enregistré l’itw, Christophe Ono-dit-Biot enthousiaste, parlait de l’album dans la Matinale. Une fois encore, j’étais fier et content.

La semaine dernière paraissait les Inrocks, le service presse de la maison de disque m’avait prévenu que le disque y serait chroniqué. La voici:

Ceux qui connaissent mon parcours savent que je n’aime pas trop les faux-semblants et les fausses manières inhérentes à ce métier. Je n’ai jamais fait passer des échecs cuisants pour des victoires relatives. Je n’ai jamais gonflé comme il est coutume dans ce milieu, les chiffres de vente de mes albums.C’est marrant comment l’opinion de médias, de journaux que je lis et respecte, est importante pour moi. Pourtant, qu’on m’en soit témoin, je n’y ai pas pensé dans l’élaboration du disque, encore moins pour ce disque-là, mais je dois reconnaître que toutes ces critiques, comme ces paroles de ces personnes qui viennent me voir à la fin des concerts me remplissent particulièrement, car ce que j’ai fait n’est pas vain, et ma « folie des grandeurs » de faire bouger ce pays sclérosé, cette envie de neutraliser ces stéréotypes que certains ont envers d’autres dans les deux sens, ne passent pas inaperçus. Même si le plus honnêtement possible, je clame qu’au final je m’en fous d’une mauvaise critique faite par quelqu’un à qui j’accorde du crédit, même si je dis (ce qui est vrai) que ce n’est pas le genre de chose qui me ferait arrêter ou qui m’affecterait, comme une certaine non-reconnaissance de son vivant a pu affecter Patrick Dewaere. Si vraiment c’était le cas, une bonne critique ne devrait pas me faire autant plaisir.

Béatrice Dalle, sur un tournage me racontait une anecdote sur Van Gogh. Un jour, alors qu’il exposait ses toiles afin de les vendre, ce qui n’arrivait jamais, un monsieur fut rendu curieux par l’une de ses toiles, lui posa quelques questions sur l’oeuvre en question; touché de cet intérêt spontané, le peintre offrit la toile au passant, alors qu’il était fauché. Le pire pour nous est de passer inaperçus. À l’époque où nous vivons, pour se faire entendre, il est implicitement demandé aux artistes de créer l’événement autour de ce qu’ils ont déjà créé à la base. Il faut pour promouvoir son oeuvre, être quasiment en happening constant, et l’échelle va du clip à poil, au scandale dans les magazines pour faire parler de soi et je ne cèderais jamais. Nous sommes passés du mythe de l’artiste pauvre et ultra-lucide comme Van Gogh à celui de riche et cynique comme Damien Hirst.

On dit qu’il y a des chanteurs pour chanteurs, ce sont ceux qui ne plaisent qu’à ceux du métier mais ne touchent pas le public. Il y a ceux qui sont populaires et n’ont pas les faveurs de la profession. Enfin il y a ceux qui font l’unanimité. Je dois avouer ici quelque chose, je n’ai pas écrit ce disque pour les journalistes, je ne l’ai pas écrit pour des « fans » supposés, j’ai écrit ce disque pour moi, c’était ça où je pétais un plomb. Mais ces quelques mots laissés de-ci et là, par des journalistes ou par des gens, me font du bien. Derrière tout ça se cache le moteur de toute cette mécanique: l’Amour Propre. Cet amour particulier qu’a si bien décrit La Rochefoucauld.

« L’amour-propre souffre plus impatiemment de nos goûts que de nos opinions »

Car soyons honnêtes, nous avons besoin non pas d’être accrédités mais d’être vus à défaut d’êtres remarqués, sinon nous créerions pour nous et rien que pour nous sans ne jamais rien montrer, ni signer. C’est d’ailleurs ce sentiment qui fait que je montre par fierté ces articles. Dans cette ère de crise du disque où l’anonymat gagne du terrain sur la célébrité, peut-être que le plus sain serait pour nous de ne plus signer nos oeuvres, et de revenir à cette époque avant la Renaissance où il y avait des corporations d’artistes, quand les toiles n’étaient pas signées : étaient-elles moins belles pour autant ? En tout cas, elles étaient et sont encore regardées.

DisizPeterPunk

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PETIT LIVE POUR ZIK NATION

by disiz on 10 mai 2010

Disiz Peterpunk – Jolies planètes (session RendezVousCreation n° 21) from Nicolas Esposito on Vimeo.

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ITW CHARLEROI

by disiz on 1 mai 2010

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